jeudi 17 août 2017

Escapade en Guadeloupe


L'arbre du Voyageur
Après un court-séjour dans les Antilles (1 journée sur Saint-Martin et 4 en Guadeloupe), la Guadeloupe a tout de suite grimpé de quelques rangs dans ma to-do-list des voyages.



La baie de Marigot, vue du fort

Mais commençons par Saint-Martin : une petite île moitié française, moitié néerlandaise, avec un aéroport international. Réputée pour le shopping (détaxe oblige), et ses jolies plages, ça donne quoi?
Avis partiel et partial, qui porte sur un rapide aperçu et seulement sur la partie française : l'île manque de variété et ne propose finalement pas grand chose hormis la plage.
Plages très belles, rien à dire, mais côté français le shopping est anecdotique (le vrai, c'est côté néerlandais, et encore...), les "villes" petites avec peu de visites à faire...
L'arrière-pays est pourtant prometteur, avec du relief, de la végétation tropicale... Bref, de quoi pressentir des sentiers de randonnées, des cascades? Mais quand on pose la question à l'office de Tourisme... Les terrains sont privés, donc pas de sentiers balisés, donc difficile de se promener.
Alors voilà, j'ai vu Marigot, ce fut rapide, et puis j'ai vu la plage. Ce fut beau, mais long, puisqu'en fait il n'y avait rien d'autre à faire.

Un des nombreux bars de plage d'Oriental Bay
Alors, Saint Martin? c'est joli, la plage d'Oriental Bay est belle, mais il faut quand même vraiment avoir envie de faire du balnéaire! Pour les autres, mieux vaut opter pour une autre île, ou un combiné.

Une autre île, ah oui? comme la Guadeloupe par exemple? oh oui.
Pour être touristiquement correct, on parle des îles de la Guadeloupe, car outre les deux îles principales (Grande Terre et Basse Terre), la Guadeloupe englobe Marie-Galante, les Saintes, la Désirade et Petite-Terre. Nous ne les avons pas vues, par manque de temps, mais elles seront au programme du prochain voyage (au moins les Saintes et Marie-Galante).

Vue depuis l'hôtel La Toubana, Saine-Anne
C'est une destination variée, complète, qui se suffit à elle-même. La Guadeloupe réunit plusieurs atouts : une végétation luxuriante, de très beaux sites naturels , l'ambiance créole, de belles plages, de bonnes tables, et un choix d'hébergements très varié..

Sur le marché de Sainte-Anne
Pour les visites, on commence par Grande Terre. Réputée pour les plages, avec des stations balnéaires prisées comme Sainte-Anne ou Saint-François. Climat plus sec, relief moins accidenté que Basse-Terre, avec quelques jolies surprises côté paysages dans le nord de l'île.

Coulée de Saint-François, depuis le site de la "Douche"
A retenir : la Pointe des Châteaux, à l’extrémité Est, et la Coulée de Saint-François.
Le marché de Sainte-Anne est agréable, même si petit, on y trouvera de quoi remplir les placards d'épices et autres spécialités locales.

Pointe des Châteaux
En passant, nous avons vu une sublime maison coloniale, la maison Zevallos. L'histoire dit qu'elle était destinée à un domaine en Louisiane, mais le bateau fit naufrage et la maison mise aux enchères à Pointe-à-Pitre. Atypique, la maison est malheureusement en piteux état...
Habitation Zevallos
On croise aussi des temples hindous, puisque après l'abolition de l'esclavage c'est en Inde que la main-d'oeuvre fut massivement recrutée.
Temple hindou

Pour terminer avec Grande-Terre, je vous conseille vivement la visite du Memorial ACTe, le musée de Pointe à Pitre consacré à l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage. Je n'ai pas de photos pour le prouver, mais ce musée est magnifique. Par son architecture et sa muséographie, on retrouve la conception moderne du musée (comme aux Confluences à Lyon) : c'est une expérience complète, une immersion. Ce musée prend à parti le visiteur, et on ressort marqué - mais sans aucune volonté de culpabiliser ou de choquer - on humanise juste un fait historique, pour rappeler que ce ne sont pas seulement des chiffres, des dates, mais des histoires d'hommes et de femmes, de peuples.
Bref, aucune excuse pour ne pas y aller, c'est comme aller à Saint-Petersbourg sans visiter l'Ermitage (aucun rapport, mais c'est pour dire l'importance de ce musée).

Après Pointe-à-Pitre, on traverse la Rivière Salée pour rejoindre Basse-Terre.
Il suffit de quelques minutes pour changer d'ambiance : le relief prend de la hauteur, la végétation devient "vraiment" tropicale, et le taux d'humidité grimpe en flèche.
Petite digression pour rappeler que si tropical veut dire "chaud toute l'année", c'est toujours suivi "d'arrosé toute l'année". Alors oui, sous les Tropiques, il pleut, tous les jours ou presque, c'est inévitable!
Basse-Terre donc, dont nous ferons le tour, avec de nombreux arrêts. C'est là que la nature explose, c'est là qu'on en prend plein les yeux. On y trouve aussi les principaux jardins créoles et botaniques, et contrairement aux idées reçues, on y trouve aussi de très belles plages.

Bougainvillier bicolore du Jardin Botanique
Commençons par les jardins : nous en avons visité trois, tous différents. Trois en deux jours, donc l'overdose était proche, mais je vous recommande vivement d'en faire un ou deux :
Le Jardin Botanique de Deshaies, aussi dit "de Coluche" puisque l'humoriste en fut propriétaire (on peut voir sa maison, qui se loue d'ailleurs, avec une vue fabuleuse).

La "maison de Coluche"
 On y trouve bien sûr une grande variété de fleurs et d'arbres, des perroquets, et un bon restaurant.

Les orchidées
J'ai également visité l'écomusée de Sainte-Rose. Le lieu est plus petit, plus fouillis, et regorge autant de fleurs et d'arbres que de jouets anciens et de scènes de vie reconstituées. Bref, un condensé de l'île, en images et en odeurs, et vous y trouverez des passionnés pour faire les visites.

Le jacquier
Enfn, du côté de Vieux-Habitants, le site de la Grivelière.... Un endroit magique, perdu dans les montagnes, qu'on ne trouve qu'après un long moment sur une toute petite route qui serpente et tournicote. Mais ça vaut le coup, vraiment, et quand on pense qu'à l'époque tout était transporté à dos d'homme... C'est donc une ancienne exploitation de café laissée à l'abandon et ramenée à la vie par une association créole. On y trouve un jardin créole, et tous les anciens bâtiments rénovés : le moulin, la maison du maître, les cases des esclaves... Grâce aux bénévoles, le site exploite et moud de nouveau son café, torréfié sur place (on peut en acheter, il est excellent). Il est question d'aménager les cases des esclaves pour accueillir les gens de passage, en échange d'un coup de main pour entretenir le domaine. Le site est magnifique, tout autant que l'initiative...

Site de la Grivlière
 Pour le reste des visites "culturelles", un arrêt sur le site de l'allée Dumanoir, vers Capesterre : à l'époque des grands domaines, on étalait sa richesse en plantant une allée de palmiers royaux.. Et à ce petit jeu, on dépassait ici les 400 palmiers. Le domaine fut détruit, les palmiers laissés à l'abandon, jusqu'à ce qu'un projet de route fasse passer le tracé juste dessus... Heureusement, et grâce à la mobilisation des locaux, la route fut dévié et le site mis en valeur.

Allée Dumanoir
Il ne manque plus dans le programme qu'une rhumerie traditionnelle, et le tour est complet. La distillerie de rhum agricole Bologne est un site très ancien, qui allie avec respect nouvelles technologies, énergies renouvelables et mise en valeur du patrimoine historique. Les guides sont passionnés, et le site empreint d'histoire... Un vrai plaisir (même quand on ne boit pas).
La boutique Bologne, ancienne maison de maître
Pour les achats de rhum, d'ailleurs, deux écoles : sachez que le seul rhum à ramener est le rhum agricole (issu du jus de canne à sucre, et non de mélasse comme le rhum industriel). Attention, artisanal ne veut pas dire agricole! Donc, on trouve du très bon rhum agricole en grande surface, et c'est là qu'il sera au meilleur prix.
Toutefois, et malgré un prix plus élevé, l'achat dans les boutiques des distilleries permet d'entretenir les lieux, d'embaucher etc...Bref, de faire vivre les lieux!
A chacun sa démarche, et c'est vrai pour la plupart des productions locales, où que ce soit.

Juste pour le plaisir, voici le site du Jardin Malanga, une ancienne résidence secondaire de style colonial transformée en boutique-hôtel, avec un beau jardin créole, vue sur les Saintes (et une excellente table d'hôtes)

Jardin Malanga


La 2ème chute, dans la brume
Venons-en aux sites naturels, avec deux visites principales, les chutes du Carbet et la cascade aux Ecrevisses.
Pour les chutes, le temps n'étant pas avec nous, il était recommandé aux visiteurs de ne faire que la plus accessible. Mais un grand nombre de randonnées sont possibles avec le même départ, de niveaux et durées différentes.


Le sentier aménagé
En cours de route...

Pour accéder à la deuxième chute du Carbet, un sentier aménagé serpente au milieu de la jungle tropicale. Ici, sur les hauteurs, on est au frais, même quand le soleil est au rendez-vous.
L'accès "photo" de la chute se fait par une espèce de cul-de-sac, et manque de chance il y avait déjà un car de touristes allemands. Trente minutes d'attente à regarder les selfies de chacun, pour prendre une photo, et hop demi-tour. Mais qu'importe, la promenade est belle.

La fameuse pause photo à la queue-leu-leu
 Pour la cascade aux Ecrevisses, un site plein de charme, il fallait crapahuter pendant une bonne demi-heure avant de la trouver. Récemment un aménagement a été fait : parking à proximité, table d'explication en morse, sentier accessible aux fauteuils roulants. L'initiative est louable, et l'aménagement pour les personnes à mobilité réduite très bien pensé.
Mais du coup, puisqu'on y est en deux minutes depuis le parking, la cascade devient un site de passage très rapide.



Et enfin, pour ceux qui ne vont pas sur Basse Terre "parce qu'il n'y a pas de plages" :




Les infos pratiques sur la Guadeloupe :

Pour s'y rendre, nous disposons désormais de quelques vols directs de Lyon et Marseille pour Pointe-à-Pitre en haute saison. Sinon, tous les jours et toute l'année, vols directs de Paris avec départ en TGV Air.

La saison : climat tropical, praticable toute l'année, on évitera quand même de fin-août à mi-octobre pour les tempêtes. L'idéal, de Janvier à Mars.

Combien de temps partir : avec le temps de vol (8 heures) et le décalage horaire (6 heures), on recommande au moins 9 nuits sur place. Une durée de 15 jours est parfaite pour bien en profiter, et visiter les autres îles de la Guadeloupe

Le point de chute : pour privilégier le côté plage, sans être trop loin de Basse Terre, on ira sur Gosier ou Sainte-Anne. Saint François étant excentré, on le garde pour des séjours très axés plage. Si on veut visiter un maximum, Deshaies est parfait. Mais, bien sûr, et surtout si on part plus de 10 jours, je recommande un combiné Basse Terre - Grande Terre

Les hébergements : alors là, il y en a pour tous les goûts, et tous les budgets : du très bel hôtel, comme Le Jardin Malanga ou La Toubana, du village vacances, de la résidence hôtelière toute simple comme le Karibéa...

Le budget ? les prix varient en fonction de la saison, si c'est en vacances scolaires ou pas, et du choix de l'hébergement : impossible de donner un prix fixe. Ceci dit, la Guadeloupe est, avec la Martinique, la destination la plus abordable des Caraïbes, dès lors qu'on opte pour une formule "simple", en résidence. Hors vacances scolaires, comptez 900€ par personne pour la semaine, pour les vols et l'hébergement.

Le cliché de la destination: "les Guadeloupéens ne sont pas accueillants, pas sympas". On l'entend encore beaucoup, mais je pense que c'est un cliché qui appartient au passé. La situation en Guadeloupe, depuis l'avènement du tourisme, a beaucoup évoluée, et positivement. Le rapport touristes/locaux est donc moins conflictuel, et l'accueil est "normal".

Le plus de la destination : le fait que ce soit un Dom-Tom facilite tout : la location de voiture, la conduite, les panneaux, commander au restau, échanger avec les gens... Pas de barrière de la langue, c'est vraiment FACILE. Et en plus, les Guadeloupéens sont fiers de leur île et de leur patrimoine, un vrai bonheur de faire des visites : quel que soit le site, je n'ai vu que gens passionnés!

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