Les croisières ont le vent en poupe (héhé) même si certains clichés ont la vie dure. Souvent considérées comme vieillottes et ennuyeuses par la clientèle française, il y a pourtant bien longtemps que nos voisins européens ont compris que les croisières sont une parfaite alternative à l'hôtel-club.
Plusieurs arguments plaident en leur faveur : gratuité pour les enfants jusqu'à 16 ans, bateau ultra-modernes et suréquipés, bonne restauration, large choix des activités, spa de qualité...
Certains choisissent leur croisière en fonction de l'itinéraire, d'autres uniquement pour le bateau !
A bord, libre à chacun d'apprécier son voyage selon ses goûts : les bateaux sont assez grands pour s'occuper toute la journée, avec ou sans animation. Pour les escales, un large choix d'excursions en groupe sont proposées, sur différents thèmes. On peut aussi se débrouiller seuls, ou prendre uniquement les navettes du bateau pour rallier le centre-ville.
| Barcelone |
| Façade de Gaudi |
Cet article ne traite ni du bateau (très beau et très gros, mais nous n'y étions que pour la nuit), ni des excursions en groupe, que nous n'avons pas fait. Le but est de montrer que l'on peut aussi faire une croisière en gardant un mode de voyage autonome.
| La Cathédrale |
Il faut environ quinze minutes pour quitter le port en traversant un grand pont. On arrive à la hauteur du parc Montjuic. Encore dix petites minutes en longeant le front de mer et nous voilà au bout des Ramblas (en général les bus des bateaux déposent les personnes ici). Rien de plus simple ensuite que de remonter cette grande avenue commerçante, en bifurquant à droite pour entrer dans le barrio gotic, ou en continuant jusqu'à la Sagrada (une petite heure de marche entre le bout de la Rambla et la Sagrada).
| A l'intérieur de la Sagrada Familia |
| Ruelle du Barrio Gotic |
Palma de Majorque :
Le lendemain, nous arrivons à Majorque. Ce n'est pas une destination que l'on aurait choisie délibérément, les Baléares ayant l'image d'île-plage bien bétonnée. Nous n'avons vu que la ville principale, Palma, mais un tour à l'office de tourisme suffit pour voir que l'île possède aussi un joli patrimoine culturel.
Depuis le port de croisière, on est tout de suite sur le Paseo Maritimo, cette large et longue promenade en front de mer qui relie la ville nouvelle au quartier médiéval. Les immeubles ne sont pas beaux, mais on longe l'agréable marina avec en point de mire l'imposante cathédrale fortifiée. Il faut une bonne demi-heure de marche pour apercevoir les prémices du quartier historique. Pour ceux qui préfèrent s'économiser pour les visites, la navette du bateau vous dépose quasiment au pied de la cathédrale. Pour les indépendants, le trajet en taxi coûte environ dix euros.
| L'ancienne bourse du commerce |
Palma est une jolie escale : la ville n'est pas très grande, c'est parfait pour une journée (moins frustrant que les grandes villes culturelles...). Nous sommes hors saison, il y a un peu de monde car plusieurs gros navires sont à quai, mais les rues sont loin d'être bondées comme ça doit être le cas l'été.
Rome :
Après une journée en mer assez agitée, nous voilà en Italie. Le port d'escale pour visiter Rome est à plus d'une heure de route. Il existe des bus très peu chers qui relient le port à la ville, mais nous avons opté pour la sécurité et pris la navette du bateau. C'est plus cher, mais si au retour nous sommes coincés dans les embouteillages, le bateau nous attend. Si votre bus ou votre taxi est en retard, vous n'avez plus qu'à trouver un vol pour rallier la prochaine escale...
Nous voilà donc à onze heures à la Piazza Venezia, avec un rendez-vous fixé à en fin de journée pour le retour. Une fois de plus le choix est fait de ne pas faire les visites intérieures : trois heures d'attente pour le Colisée, deux heures pour le Forum Romain, et le Vatican inenvisageable puisqu'on y fête Pâques. Ce sera donc promenade à pied : on longe le Panthéon et le Forum Romain jusqu'au Colisée. En face de ce dernier, on trouve l'entrée du Forum Romain et un passage piéton gratuit qui le longe et permet de beaux points de vue.
Après un déjeuner dans une sympathique trattoria dans une petite rue au-dessus du Colisée, on prend le chemin du centre historique : fontaine de Trevi, place Navone, Place d'Espagne, Capitole... Il n'y a qu'à suivre le mouvement pour trouver les principaux sites de la ville.
Retour vers notre point de rendez-vous, à côté du Cirque Maxime, pour explorer une partie moins touristique mais tout aussi agréable : le Ghetto Juif, le Théâtre de Marcellus, et derrière les berges du Tibre. On traverse un vieux pont charmant pour relier l'île Tiberine, puis de là l'autre rive avec quelques ruelles médiévales. On quitte soudainement le tumulte de la Rome touristique, une petite promenade hors du temps très agréable...
| Au loin, le Vatican... |
Les Cinque Terre :
Dernière journée d'excursion, on se réveille à La Spezia. Les excursions proposent essentiellement d'aller à Pise ou à Florence, mais il y a près de deux heures de trajet. Après le trajet pour Rome, c'est trop, et de toute façon il serait vraiment dommage de rater les Cinque Terre.
Les Cinque Terre, ou Cinq Terres en Français, est le nom donné à cinq petits villages de pêcheurs, maintenant très touristiques, accrochés sur la côte escarpée. Terre de randonneurs, les paysages sont très photogéniques et permettent de très jolies promenades. Un train relie ces villages à La Spezia, la "grande ville" du coin. Je conseille une sortie en bateau qui permet vraiment d'apprécier le paysage.
Le port est dans la ville, on rejoint la gare à pied en vingt minutes. Il y a un joli front de mer avec beaucoup d'espaces verts, le centre-ville est piéton : la promenade est agréable. Par contre, à la gare, gros cafouillage. Nous n'avions rien préparé, le nez au vent, et on a perdu plus d'une heure. Les billets s'achètent non pas au comptoir "normal" de la gare, ni à la presse à côté comme indiqué au comptoir, mais à une office de tourisme dédiée aux Cinque Terre qui délivre (et elle seule...) le pass pour le train. C'est un billet valable une journée, illimité, qui permet donc de circuler entre les villages à volonté.
Finalement nous n'avons fait que Monterosso : il fait beau, on opte pour une sieste sur la plage plutôt que de courir d'un village à l'autre. Avec en tête l'idée de revenir pour un séjour plus long.
Le village est petit et charmant, avec une longue promenade bordée de belles maisons de villégiature.
Bilan de la croisière : même si on n'aime pas les hôtels animés, ce mode de voyage permet de découvrir de belles choses. En famille ou en dernière minute les tarifs sont vraiment intéressants, surtout pour des prestations de cette qualité. Même si certaines escales ne nous intéressent pas, on peut passer de belles journées sur le bateau.
Et quand on connait déjà certaines villes, ce n'est pas très grave : on en profite pour sortir des sentiers battus, flâner dans les quartiers moins touristiques...
Période de voyage et destinations : pour la Méditerranée, on évite l'hiver et les inter-saisons, risquées car la mer est souvent mauvaise. Privilégiez la période d'Avril à Octobre. Il y a aussi des itinéraires dans les Caraïbes, en Europe du Nord, Méditerranée Orientale, Transatlantiques...
Vie à bord : sauf exception, les croisières sont proposées en pension complète, avec possibilité de prendre des forfaits boissons ou du tout-inclus avec supplément. On prend ses repas au restaurant avec service à table, ou au buffet en self-service, le tout de qualité et avec un personnel prévenant.
Les prix pratiqués à bord sont corrects, équivalents à ce que l'on trouve dans les hôtels 4* de Méditerranée (les plus grosses dépenses étant les boissons et les excursions).
Les forfaits à bord se rajoutent au prix du voyage : ce sont des pourboires obligatoires, d'environ soixante euros par personne pour une semaine. Par contre, aucun autre pourboire ne sera à prévoir pour le personnel du bateau.
Pour les points négatifs :
- on est très sollicités pour consommer dans les différentes boutiques du bateau, au spa, dans les restaurants à la carte (avec supplément)...
- mieux vaut être patient pour prendre l'ascenseur aux heures d'affluence : il y a beaucoup de monde et peu de savoir-vivre...

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